Cultures étranges et fantastiques

La question que l’on se pose lorsque l’on crée un monde est : qui l’habite et surtout pourquoi ? Nous prenons naturellement les sociétés et communautés humaines de notre planète comme modèles pour imaginer ce que pourrait être la vie d’une peuplade imaginaire dans son milieu, mais il ne faut pas oublier que ce n’est pas tant le milieu qui forge le peuple, mais aussi nombre de caractéristiques physiologiques, sociales, politiques, mystiques et comportementales qui le composent. Entre s’inspirer de la réalité ou créer de toute pièce une culture, explorons un peu les solutions qui s’offrent à nous.

Dans ce qui suit, nous confondrons volontairement la notion de culture de celle de civilisation en admettant qu’une civilisation soit l’incarnation d’au moins une culture.

Sortir de l’ordinaire

L’ordinaire est une notion très relative. Tout ce qui sort de nos habitudes culturelles propres sort de l’ordinaire (et c’est ce qui crée des tas de problèmes). Au sein d’une même communauté, la variation de « l’ordinaire » est même parfois suffisamment importante pour que la diversité surgisse au sein même d’une culture commune. Il est donc exclu, lorsque l’on imagine une culture étrangère, de la considérer comme uniforme. On ne peut que relater ce qui, en son sein, la qualifie en tant que culture. Les particularités qui ressortent le plus souvent s’expriment alors selon des critères récurrents :

La ressemblance

L’appartenance à une même espèce est généralement fondatrice dans l’appartenance culturelle. Une forte compatibilité interraciale conduira probablement à la création de culture mixte où la différence (de peau, de morphologie, de couleur, de goût, etc.) sera le socle de divergence sociale forte, comme le racisme sur notre Terre. Cela n’empêche toutefois pas le partage d’une culture commune. Même race ne veut pas forcément dire même culture. L’inverse non plus.

Langage commun

Le langage rassemble. Il permet aux êtres de se comprendre et donc de débattre ensemble de différentes choses. Le langage et son maintien sont même un axe important de l’évolution d’une peuplade. L’histoire d’une langue se rapproche même tellement de l’histoire d’une culture que cet élément en devient indissociable. Si des divergences surviennent dans les expressions linguistiques, voire dans le vocabulaire et la syntaxe, l’incompréhension peut devenir la source de la création d’une nouvelle culture. Elle trahit même souvent une divergence d’ordre plus fondamental.

Un environnement similaire

La manière de vivre, les us et les coutumes découlent en partie du cadre dans lequel une civilisation s’installe. Outre les légendes que le milieu peut inspirer (forêt mystérieuse, souterrains étranges, animaux fantastiques, vieilles ruines antiques, etc.) l’environnement détermine comment la communauté survit. Si une civilisation s’installe indifféremment dans plusieurs milieux, c’est le plus souvent parce qu’elle contrôle suffisamment bien ces milieux pour minimiser les différences entre les modes de vie. Cela peut toutefois donner lieu à la formation de plusieurs cultures. Tout dépendra du degré de sédentarité de la peuplade. S’installer, c’est apprivoiser son environnement, ce qui entraîne le développement de comportements et d’un registre de connaissances et de compétences spécifiques.

Mythes communs de référence

S’accorder sur les mythes qui, semble-t-il, expliquent comment leur univers s’est mis en place ou, à tout le moins, comment il fonctionne, est souvent le point de départ de la mise en place d’un dogme religieux. Que ces références deviennent canoniques ou ne soient qu’une vague source explicative de la raison d’être de ce qui les entoure, les peuples attachés à ces mythes sont généralement unis dans un même mode de vie et dans une même culture.

Communauté

Les humains et les peuplades similaires dans les univers fantastiques recherchent la compagnie de leurs semblables. C’est un besoin naturel qui découle de la nécessité de préserver l’espèce (tant par la protection mutuelle que par la reproduction). Même si la vie communautaire peut être assimilée à une contrainte, le refus d’appartenance est rare. La communauté se construit autour de règles sociales plus ou moins acceptées par l’ensemble de ses membres. Refuser les règles et vouloir absolument faire partie d’une culture est un non-sens, puisque c’est l’acceptation du mode de vie et de la façon dont il s’est construit qui édifie cette appartenance culturelle.

Histoire

Ce qui découle de la création d’une communauté est une histoire commune à ceux qui en sont membres. L’histoire est un peu le ciment d’une culture. Sans les évolutions, sans la succession de ses générations, sans l’éducation, sans les choix politiques, sans ses interactions avec leur environnement et les peuplades voisines, sans une forme de croyance, une culture ne peut se prévaloir d’aucun vécu, donc, d’aucune légitimité.

Art

Souvent dénigré pour son caractère futile, l’art est très représentatif d’une culture en tant que moyen d’expression. C’est d’ailleurs souvent la seule trace qu’il en reste une fois la civilisation éteinte. Il est moins essentiel que la langue mais indissociable de son histoire, de ses mythes et de sa vie quotidienne. Sans art, il n’y a pas d’iconographie, pas d’architecture, pas de récits lyriques, pas de poèmes, pas de musiques ou de chansons, pas de sculpture et tant d’autres modes de représentation fictionnels ou réels des mécanismes de la civilisation et de ses principaux représentants vivants ou morts.

L’identité culturelle

Cerise sur le gâteau, avoir conscience de sa culture est un plus non négligeable pour en définir et en défendre les contours. Même si tenter de figer une culture dans une vision à un instant T est une hérésie, avoir la volonté de la reconnaître est une prise de conscience de son importance dans la continuité des choses. Si les individus issus d’un milieu culturel n’ont pas forcément conscience de cette identité, c’est le plus souvent parce qu’ils n’ont pas à la confronter à une ou plusieurs autres cultures. Cette prise de conscience intervient le plus souvent lorsque la population d’un écosystème culturel est soumise à des pressions extérieures qui remettent en question un ou plusieurs de ses éléments fondateurs.

Ces éléments forment un tronc commun permettant d’affirmer l’existence d’une culture en tant que telle. Il convient toutefois d’attirer l’attention sur l’idée que l’existence d’une culture n’implique pas l’existence d’individus représentatifs, soit parce que la culture est celle d’une civilisation disparue, soit parce qu’elle subsiste au sein d’une culture étrangère plus vaste qui absorbe ou dénigre en partie certains de ses aspects d’origine.

Il suffit de peu de choses pour sortir de l’ordinaire, l’exotisme est à nos portes en toutes circonstances. Les cultures terriennes sont nombreuses, variées et très différentes les unes des autres. Notre Histoire a vu de nombreuses d’entre elles disparaître et de nombreuses autres évoluer ou subsister pendant des siècles.

Extrapoler à partir d’un modèle

Créer une culture de toute pièce est une tâche ardue. Pour être exhaustif dans la démarche, il faut être compétent dans de nombreux domaines. Tolkien a créé la culture elfique, leur inventant une histoire et un langage cohérent, mais il n’a pas été exhaustif, car il n’était n’avait pas toutes les compétences artistiques, géologiques et historiques nécessaires. Le milieu naturel dans lequel ses elfes ont évolué est auréolé de mystère. La géographie de Valinor et de la Terre du Milieu sont des projections très fantaisistes et l’omniprésence de la magie dans cet univers rend toute approche réaliste impossible.

Il est donc souvent plus facile et plus rapide de s’inspirer de ce qu’on connaît d’une culture terrienne pour élaborer une nouvelle culture. L’exercice a ceci d’intéressant qu’il permet de creuser un sujet à un point tel qu’il permettra de balayer nombre d’idées reçues et donc ainsi d’affiner ses propres connaissances. Il apporte aussi une réflexion sur ce qui participe à la construction d’une culture, la sienne propre y comprise. Ses avantages sont indéniables du point de vue de la mise en œuvre. Même s’il convient de se documenter un minimum, l’acte de création en lui-même est autrement simplifié par la récupération de nombreux éléments propres à la culture servant de modèle. Le plus difficile reste de l’inclure de manière cohérente dans l’univers de fiction, étant entendu que cette culture « imaginaire » doit y avoir vécu pour en faire pleinement partie.

Il est essentiel de se demander ce que les différences géographiques, climatiques, politiques, historiques et environnementales peuvent avoir eu comme impact sur notre culture modèle pour en faire une culture locale de notre univers imaginaire. Voici quelques axes de réflexion à suivre :

Géographie différente

Placez un peuple de marin loin de la mer, des montagnards dans un désert de sable ou des Esquimaux dans une forêt vierge et il y a fort à parier que la culture en question n’ait pratiquement aucune chance de survivre dans son environnement. Éloigner son modèle du milieu dans lequel il est né et s’est construit ne se fait pas sans conséquence sur le mode de vie, la mode vestimentaire, les us et coutumes, les croyances, etc.. Il vaut mieux limiter les différences géographiques et par là même, climatiques, pour garder un sens à la culture qui nous sert de modèle. Du reste, les ressources issues du terrain dont se sert habituellement notre civilisation de référence vont également dépendre de la région et la modification de celle-ci entraîner des variations plus ou moins importantes dans l’architecture, l’armement, les artisanats et même les arts.

Flore différente

La flore est un paramètre important, sinon primordial. Entre les plantes empoisonnées et celles qui sont comestibles, celles qui se cultivent et d’autres qui ne peuvent être domestiquées, une modification profonde de la flore de la culture modèle aura un impact significatif sur les habitudes alimentaires et les ressources végétales employées dans l’architecture, l’armement, l’habillement et les artisanats. Bien plus que la pierre ou les minéraux, une telle ressource renouvelable est un marqueur capital dans les traditions et les pratiques d’une société.

Faune différente

Pour une culture humaine, la transformation de la faune implique une modification potentielle dans la chaîne alimentaire. S’il existe des prédateurs surpuissants comme les dragons, la proximité et la fréquence d’apparition d’iceux va jouer un rôle considérable sur les mythes et légendes, mais aussi sur les moyens mis en œuvre pour s’en protéger et par conséquent sur la manière de vivre sous le joug d’un tel danger. À l’inverse, la disparition de plusieurs grands prédateurs risque de placer l’homme au sommet de la chaîne alimentaire générant des changements dans un écosystème dominé par les humains (un peu comme sur notre terre) laissant de plus en plus les villes ouvertes et dénués de la moindre protection contre la faune.

Magie présente ou différences technologiques marquées

L’apport de la magie ou d’un niveau scientifique anachronique pour une peuplade donnée modifie considérablement la dimension mystique d’une culture. Cela peut avoir un impact significatif sur les croyances, soit en renforçant ou en banalisant le côté occulte, soit en décrédibilisant l’ésotérique. Dans tous les cas, cela touche souvent un fondement de la société et de la culture, rabaissant les mythes au rang de fable, décuplant les capacités de la communauté à dominer son environnement.

Lois de la physique différentes

Les mondes de fantasy ou de science-fiction regorgent de différences subtiles où l’environnement réagit différemment du nôtre en vertu de lois de la physique changées ou altérées par des phénomènes étranges mais naturels. Considérant que ces particularités ne sont pas nouvelles et font partie de l’existence d’une civilisation depuis sa fondation, de telles différences impliquent une adaptation de telle ou telle manière de faire. Par exemple, dans un monde où il serait possible de faire sans effort des bonds de plusieurs décamètres en hauteurs, se protéger des fauves ou des envahisseurs requiert de construire des dômes ou de vivre en sous-sol. Un tel constat peut changer de façon assez évidente les habitudes de vie dans une culture donnée.

Événement extérieur majeur

Qu’il s’agisse de l’écrasement d’une météorite, de l’invasion d’une peuplade étrangère ou de la décimation de ses ancêtres par un monstre abominable, aucun peuple ne reste indifférent à ce qui peut profondément transformer sa vision du monde. Si vous vous intéressez à la vie des Incas avant et après la venue des Espagnols, vous constaterez vite l’énormité des changements drastiques subis par cette civilisation en très peu d’années. Un peu comme si nous recevions la visite d’une forme de vie extra-terrestre intelligente qui remettrait en question beaucoup de nos croyances religieuses. Les bouleversements sociaux impactent de façon significative les civilisations et par conséquent, leur culture.

Partir de zéro

C’est sans doute la plus gratifiante mais la plus ardue des tâches que de créer de toute pièce une civilisation entière. Par ailleurs, c’est même probablement impossible. Il est difficile de s’affranchir de la moindre source d’inspiration et nous avons une tendance naturelle à créer des cultures et des peuplades qui nous ressemblent un tant soit peu, ne serait-ce que pour les comprendre. Par ailleurs, l’effort que nous allons réaliser est généralement proportionnel à l’usage que nous comptons en faire. S’il est digne d’intérêt que d’étaler toute la profondeur culturelle d’un peuple joué par des joueurs, c’est moins le cas d’une race éloignée et étrangère dont personne n’a jamais entendu parlé dans l’univers de jeu.

Si toutefois l’exercice est tentant, l’on peut se servir des paramètres qui précèdent dans la même optique. Tout est à faire, certes, mais les éléments de bases sont faciles à mettre en œuvre. Cet exercice pourrait mener à quelque chose de très cohérent et il est loin d’être irréalisable, mais requiert beaucoup d’attention et de documentations. Nous ne sommes pas des anthropologues et cette démarche risque fort de nous ennuyer. Aussi est-il souvent préférable de travailler autrement. Voici quelques méthodes que vous pouvez employer.

Construction systématique

Cette méthode est sans doute la plus longue de toutes. Elle consiste à construire une civilisation depuis ses origines en tenant compte de tous les paramètres environnementaux, politiques, historiques, sociaux, religieux, magiques, etc. qui sont intervenus dans son développement jusqu’au jour de son histoire qui sera le point de départ de votre univers de jeu. Longue et fastidieuse, c’est sans doute la méthode qui produira le meilleur résultat, car ce qu’elle crée est riche d’un certain réalisme. Rien de ce qui survient dans l’histoire d’une telle société n’est le résultat du hasard (sauf les événements purement extérieurs et le point de départ de l’exercice qui seront forcément arbitraire). Cette méthode est acceptable si vous n’avez qu’une seule culture à créer. Elle l’est beaucoup moins si le devenir de cette civilisation imaginaire dépend d’interactions avec d’autres civilisations voisines dont il sera d’autant plus difficile de délimiter les interactions et les conséquences. Du reste, cette méthode conduit à la création d’une culture qui n’est pas forcément celle que vous souhaiteriez et de nombreuses modifications doivent intervenir et être testées pour conduire votre projet vers une finalité donnée.

Définition d’un cœur de culture cible

Cette solution consiste à bâtir votre culture à l’aide d’intentions ciblées. Ce que vous voulez voir dans votre culture sera défini en premier et constituera un objectif. Vous aurez à vous demander pourquoi votre civilisation possède ou réalise tel ou tel élément et uniquement à vous soucier de rendre son passé cohérent avec son existence « actuelle ». Par exemple, vous pouvez poser comme postulats que votre culture sera fortement imprégnée par une religion monothéiste, qu’elle disposera d’un degré de civilisation très avancée, sera construite dans un modèle impérial et aura conquis et domestiqué de nombreuses régions climatiquement différentes situées autour d’une mer intérieure. Si vous savez comment l’Empire Romain Byzantin s’est formé, vous avez une petite idée des origines d’une telle civilisation et de la culture à laquelle elle a donné naissance. Le travail qui suit la définition d’un cœur de culture, généralement bâti sur ce genre de postulats simples, consiste à établir a posteriori l’histoire et le contexte qui justifie son existence. C’est un travail qui sera d’autant plus facile à mettre en corrélation avec les postulats présidant la naissance de civilisations voisines.

La construction empirique

Si vous n’avez pas besoin d’être précis dans l’établissement d’une culture que vos PJs vont découvrir, il n’est pas toujours essentiel de mettre en avant tous les aspects d’une civilisation, surtout si vous n’avez pas « rempli les blancs ». Même lors d’une construction systématique, vous ne sauriez être absolument exhaustif. Mais avez-vous vraiment besoin de l’être ? En Histoire, l’enchaînement des événements suit des jalons. Les changements drastiques surviennent à des époques clés ou un événement (ou suite d’événements) est déclencheur d’une lente ou brutale évolution. On peut donc se contenter de poser les bases d’une histoire synthétique et peu précise et de faire des déductions grossières sur les conséquences de chaque événement. Par exemple, si une peuplade subit une invasion avant de se faire coloniser, la conséquence sur la culture sera un mélange entre celle d’origine et celle de l’envahisseur avec une probable domination de cette dernière. On admettra alors que l’ensemble de la population future résultera de ce mélange ethnique, formant une culture à part de celle du colonisateur et de celle du colonisé, laissant, au fil du temps, de moins en moins de lignées préservées de chaque côté. Selon l’époque à laquelle on s’intéresse à ce résultat, il sera plus ou moins prononcés et source d’événements et de conflit nouveaux.

La culture autojustifiée

Cette méthode est la plus libre et invalide en grande partie ce que le reste de l’article suggère. Elle part du principe que tout ce qui sera mis en place pour décrire une civilisation est justifié par défaut. C’est la méthode que tout le monde préfère employer par défaut. Autrement dit, un peuple qui représente et vénère l’icône d’un dragon, ou celui qui se débarrasse de ses morts en les jetant dans une faille béante, n’a besoin ni d’expliquer l’origine de cette pratique ni sa raison, ou, à tout le moins, se contente d’une explication biaisée. Certes, vous pouvez simplement considérer que même les autochtones ne connaissent pas les raisons de leurs pratiques ou espérer que les personnages-joueurs ne poseront jamais la question qui tue : « pourquoi ? ». Ou alors vous avez assez de mémoire et de capacité d’improvisation pour répondre au pied levé tout en restant cohérent. D’un autre côté, pourquoi rester cohérent ? Les PNJs qui répondent aux questions ne connaissent parfois pas la vraie raison de leurs us et coutumes, de leurs traditions. Certains pourraient fort bien connaître une explication qui n’a rien à voir avec celle que donneraient d’autres, et ils pourraient chacun soutenir que leur version est la bonne. Une telle façon d’aborder les choses ne génère donc pas forcément d’incohérence à moins de fournir une explication par PNJ pour toute chose. Tout compte fait, l’exercice qui consister à créer un background culturel reste un plaisir que tous ne partagent pas qui demeure parfaitement optionnel.

Mélanger les méthodes

Aucune méthode n’est nécessairement appliquée à 100 %. La première est totalement autonome mais si difficile à mettre en œuvre qu’elle n’est pas la plus efficace. En revanche, un mélange des 3 autres donnera d’assez bons résultats. Définir un cœur de culture, déduire les événements qui, grossièrement, le justifient, et inventer ce qui manque est même un processus quasi automatique. C’est la solution que j’ai personnellement utilisée pour créer nombre de mes civilisations imaginaires dont je donne quelques exemples en parlant de mon univers de jeu.

Conclusion

Comme la création d’un monde, la création d’une civilisation ayant sa culture propre reste une arme de l’arsenal du créateur d’univers et moins un véritable outil pour le meneur de jeu. Si ce dernier veut, dans le cadre d’un scénario, sortir des sentiers battus de son jeu favori, il lui faudra tout de même mettre la main à la pâte. Quant aux créateurs d’univers qui ne s’y sont jamais frottés, l’exercice n’est pas si compliqué qu’il y paraît. Il faut juste garder à l’esprit certaines évidences, comme l’importance de l’art, du langage, de du milieu naturel, ainsi que d’une partie de son histoire, afin de ne pas se présenter en jeu avec une feuille blanche et un background un peu trop friable.


Crédits photographique : By User:MountainOwn work, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1427237

Lendraste

Écrivain prolifique, blogueur schizophrène, auteur rôlistique, joueur exigeant, cinéphile impertinent. Tel est Lendraste.

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  • Didier Guiserix

    Très bon article, de la matière pour réfléchir et des repères clairs, sans tomber dans le piège de trop de pistes ou d’exemples qui auraient noyé le lecteur.
    J’y ajouterai un conseil pratique: rédiger tout cela en abrégé, comme le carnet de notes d’un voyageur ou d’un ethnologue, comme un pense-bête. La tentation de créer son monde vient aussi toujours un peu du plaisir ressenti à découvrir ceux des grands écrivains, ce qui peut pousser à rédiger, « à la manière de », des historiques fondateurs au style biblique ou homérique, et à se perdre dans des péripéties aussi jouissives à écrire – n’en doutons pas – que parfaitement pénibles à (se) relire, difficiles à retrouver dans une trop longue prose, et assez rarement utiles, du moins en jeu…

    • Wilfrid Hizembert

      Merci pour le commentaire et ce conseil avisé. Bienvenue sur ce blog.

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