Les marchands

Alors que les seigneurs guerroyaient entre eux pour étendre leurs territoire, les marchands prirent très rapidement une grande importance dans la société médiévale permettant d’une part d’approvisionner la population de marchandises exotiques, mais aussi de faire circuler les richesses d’une place à une autre. Certains, aussi riche que les rois et les empereurs, furent même capable d’acheter leurs titres de noblesse et de rivaliser avec la puissance des dirigeants de leurs pays.

Les profils de marchands

Les personnages joueurs peuvent rencontrer différents types de marchands. Lors de la pré-histoire du jeu de rôle, les aventures commençaient souvent dans une auberge où il était possible d’acheter tout le matériel dont on pouvait avoir besoin… étrange situation, car le tavernier dans son auberge paumée aux abords d’un village tellement important que le MJ ne lui trouvait même pas de nom, il était possible de trouver en quantité illimité n’importe quel objet présent dans les tables du manuel des règles (jusqu’à des objets magiques mineurs parfois) ! L’un des premier jeu qui évoquait la difficulté d’acquérir une ressource selon le lieu était RuneQuest, où tout un chapitre était consacré aux variations de prix et de disponibilité d’un bien chez les marchands selon la culture. Donc, loin de l’aubergiste-marchand spécialisé en équipement d’aventurier, voici quelques profils de marchands, ils sont toujours décrits de la même façon, un texte d’introduction présentant le profil, puis un exemple de marchandises qu’il vend habituellement et les richesses qu’il possède sur lui (ou dans son échoppe, ça c’est pour faire un peu le lien avec mes dernières publications sur les voleurs).

Le colporteur

Le colporteur est un marchand itinérant. Il ne vend pas de marchandises fixes, mais tout un tas de bric-à-brac, commençant par des vêtements, des ustensiles de cuisines, voir quelques armes ou bijoux. Les colporteurs errent généralement sur plusieurs régions, visitant la plupart du temps les villages et leurs foires, puis une fois de temps en temps les grandes villes où ils se ravitaillent en marchandises.

  • Marchandises : marchandise de peu de valeur et non périssables. L’étalage d’un colporteur se limite à ce qu’il peut charger sur sa monture ou dans son chariot.
  • Richesses : pauvre, quelques pièces d’or, ses gains sont vites réinvestis dans de nouvelles marchandises

Le colporteur est un personnage très important car il transmet bien souvent les nouvelles des bourgades et régions voisines.

L’artisan

Certains artisans vendent directement leurs créations et qu’ils soient forgerons, menuisiers ou encore herboriste, le principe est le même, ils endossent le rôle de marchands quelques heures par jours. Le gros avantage pour le client, c’est qu’il peut trouver ici à coup sûr son bonheur, enfin si sa bourse lui permet. Un artisan vend généralement un produit 20% de moins que son prix normal (c’est à dire chez un marchand classique) pour des articles communs, et jusqu’à trois à quatre fois son prix si le produit est réalisé sur la demande du client. Dans ce cas, les délais varient selon l’artisan, un armurier ne pourra pas confection une armure de plaque complète sur mesure pour un client en une heure, tout comme il pourra être exagéré pour un herboriste de demander 6 mois pour la fabrication d’une potion à partir d’ingrédients fournis par le client. Un tel marchand est généralement affilié à une corporation ou une confrérie d’artisans.

  • Marchandises : selon l’artisanat exercé
  • Richesses : très variable selon l’artisanat

Chef d’oeuvre et étalage

Le chef d’oeuvre désigne en fait une pièce particulièrement réussie réalisée par l’artisan lorsqu’il quitte son maître, c’est la condition pour devenir artisan. Généralement, un artisan travaillant sur des produits non-périssable conserve son chef d’oeuvre dans son échoppe pour montrer le travail qu’il est capable de réaliser. Il ne va de même pour la plupart de produits exposés chez un armurier ou encore un bijoutier, qui ne souhaitent pas vendre les contenus des étalages, mais de réaliser des pièces sur mesure pour leurs clients.

Les artisans médiévaux

Voici une petite liste non-exhaustive des artisans les plus rependus au moyen-âge :

  • Métaux : armurier, forgeron, orfèvre, enlumineur
  • Pierres : joaillier
  • Nourriture : boucher, charcutier, boulanger, pâtissier
  • Vêtements : tanneur, fourreur, tailleur
  • Bois : menuisier, ébéniste
  • Verre : souffleur de verre

Le commerçant

Il ne produit rien et ne fait qu’acheter et vendre. Il se peut qu’il achète n’importe quels biens, mais assez souvent dans les grandes cités, il se spécialise dans un domaine (herboriste, antiquaire…). C’est un expert du commerce, achetant toujours au plus bas prix pour revendre au plus haut par la suite. Bien qu’il possède son échoppe en ville, il se peut qu’il participe occasionnellement au marché ou à une foire, aussi bien en temps qu’acheteur qu’en temps que vendeur.

  •  Marchandises : selon le lieu, le besoin, ses marchandises peuvent être très diversifiées comme il peut se spécialiser dans un seul domaine
  •  Richesses : moyenne

Le négociant

Ce marchand travail uniquement en gros, il achète et vend de gros volumes, à d’autres marchands, à des corporations, des associations agricoles… il dispose d’accords dans plusieurs comptoirs commerciaux et fait affréter des caravanes ou des péniches sur les même voies tant que ces accords lui rapportent de l’argent. Rarement sur les routes, il dispose d’un grand nombre de serviteurs charger d’assurer le transport des biens et des richesses, il ne se déplace que pour rencontrer ses homologues avec qui il commerce.

  • Marchandises : limité à un domaine en très gros volumes
  • Richesses : riche

Le prince marchand

Sous ce titre se cache généralement un négociant très riche qui a fait fortune et a eu la possibilité d’acheter un titre de noblesse. Sa fortune lui permet d’avoir un pouvoir important sur une guilde et sur ses confrère, servant régulièrement de banque à ses homologues. Une grande partie de ses gains viennent de ses rentes.

  • Marchandises : tout
  • Richesses : très riches

Marchands et univers de jeu

Voici quelques pistes pour bien introduire les marchands dans les univers de jeu les plus connus.

Les Royaumes Oubliés

Dans les Royaumes Oubliés, les routes commerciales, les guildes et les marchandises sont toutes présentées dans le décors de campagne. Les guildes ont énormément de pouvoir principalement dans les grandes cités de la Côte des Epées : la Porte de Baldur, Eauprofonde, voir même sur des pays entiers comme l’Amn. Des routes commerciales sont ouvertes vers de nouveaux mondes, permettant aux marchands de vendre des marchandises très rares comme le café, le cacao et bien d’autres mets exotiques. D’un autre côté, certaines guildes et territoires légalisent des marchandises prohibées dans la plupart des autres lieux : les esclaves, les drogues, … il en résulte un marché parallèle mis en place par l’un des adversaires récurent des personnages : le Zentharim, une guilde marchande affiliée à l’Eglise de Cyric.

Les jeunes royaumes

L’Île des Cités Pourpre est le grand centre marchand du monde d’Elric. Dirigé par des Princes Marchands, la situation de leur île et leur ouverture d’esprit leur permet de commercer avec tous, aussi bien les royaumes barbares du sud comme les royaumes Pykaryad, ou encore les terres civilisées du nord comme Vilmir. Ils commercent tout, biens de consommation courante, objets rares et anciens, reliques volées lors des sacs (en particulier après le sac d’Imryr), mais aussi drogues, herbes aux propriétés magiques, grimoires anciens et esclaves.

Marchands et magie

Dans un univers médiéval-fantastique où tout se vend, y compris les biens magiques. Que faire lorsqu’un personnage trouve sa troisième épée magique +2 ou un nouvel anneau de sort alors qu’il a déjà cinq bagouzes à chaque doigts ? Il existe un marché pour les objets magiques, qui peut intéresser, selon la puissance du simple colporteur au plus riche des princes marchands. Le tarif n’est pas seulement fixé par la puissance de l’objet, mais aussi par sa rareté, ainsi, un colporteur pourrait facilement disposer dans son étal des potions de soins, des parchemins de sorts de bas niveau, voir même quelques armes magiques de faible puissance, si la magie dans le monde dans lequel vous jouez est commune. A l’inverse, dans un monde fantastique où la magie est rare, une arme magique est donnée en héritage et seul le marché noir pourrait permettre à un aventurier d’acquérir un tel objet.


Illustration : A medieval baker with his apprentice. The Bodleian Library, Oxford. – Domaine public

Laurent Gärtner

Rôliste depuis plus de 25 ans, j'ai découvert le jeu de rôle à l'époque où L'Œil Noir se vendait en librairie, où Casus Belli publiait SimulacreS et Laelith et où les figurines Ral Partha se vendaient à 10f. Depuis, je suis maître sur de très nombreux jeux, aussi bien du classique comme RoleMaster, L'Appel de Cthulhu ou Donjons & Dragons 3.5, ou sur des jeux un peu plus confidentiels comme Cobra, Feng Shui...

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