Don’t feed the dragon !

Un petit édito rapide pour éviter que le message « bonne année » ne reste tout le mois de février qui fera passer un petit coup de gueule… juste quelques mots pour dire que non, je ne participerais pas au débats sur D&D5Dragon 5E ou Heros et Dragons. Comme vous le savez tous, Wizards of the Coast n’a donné aucun accord d’exploitation de sa licence Donjons & Dragons pour la traduction de la dernière édition des règles sortie il y a un peu plus d’un an. Début janvier, ils annonçèrent la mise à disposition du SRD, le Document de Référence du Système, un corpus contenant l’ensemble des règles, et que les règles, de Donjons & Dragons 5 sous licence Open Gaming License. Cette licence permet à tout à chacun d’utiliser ce système de jeu dans leurs propres créations, comme ça avait déjà été le cas pour D&D3 avec la gamme D20 SYSTEM.

Donc, deux éditeurs ont profité de l’occasion pour sortir une traduction française de D&D5, mais ce n’est pas et ça ne sera jamais D&D5, mais juste un jeu différent utilisant le même système de jeu. Jouer à Donjons & Dragons 5 sans les sorts de Bigby™, Boccob™, Tenser™, sans un tyranœil™ à combattre, sans pouvoir s’attabler dans une taverne d’Eauprofonde™ ou encore aller boire un thé chez Elminster™ revient à jouer à autre chose qu’à D&D… vous souvenez vous de la couverture de la première édition de OD&D ? n’était-ce pas un tyranœil qui était présent sur la couverture ?

Car tous les éléments spécifiques à Donjons & Dragons et qui font son univers ne sont pas inclus dans le SRD. Donc, ces deux jeux ne sont pas Donjons & Dragons.

Et en plus, les deux éditeurs s’entre-pourrissent par sites interposés cherchant à s’approprier la sympathie des fans contre leur rival respectif… et oui, quand on négocie l’exploitation d’une licence, on en a l’exclusivité… quand on ne fait qu’exploiter une ressource libre de droits, il faut accepter la concurrence. Personnellement, je ne prends partie pour aucun des deux éditeurs dans ce conflit… n’auraient-ils pas eu plus gagner l’un et l’autre de proposer un vrai jeu original basé sur les règles du SRD5 que tenter de la jouer retro-revival en allant jusqu’à proposer des coffrets (l’un et l’autre) rappelant les premières éditions de D&D. Pourtant avec le D20 System, seuls les jeux originaux qui avaient pris de la distance avec le classicisme de D&D ont tiré leurs épingles du jeu ! Et pourquoi jouer à un jeu aussi simpliste, lourd et psychorigide que D&D si ce n’est pas pour en avoir toute la saveur ?

Dans ce conflit, je ne prendrais part que pour les vrais victimes de cette guerre, les vrais laissés pour compte… je parle bien entendu des tyranœils, oubliés dans cette histoire… la seule créature qui peut se vanter d’être à la fois la plus ridicule, la plus dangereuse et la plus emblématique de D&D.

Le tyranœil (Beholder)
By Huntleigh – Own work, CC BY-SA 3.0

Laurent Gärtner

Rôliste depuis plus de 25 ans, j'ai découvert le jeu de rôle à l'époque où L'Œil Noir se vendait en librairie, où Casus Belli publiait SimulacreS et Laelith et où les figurines Ral Partha se vendaient à 10f.

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